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Réfléchir & Agir interviews Tom Sunic (in French)

July 24, 2011

Cover of 'Réfléchir & Agir-38'

[Tom Sunic was recently interviewed in the Summer 2011 edition of the French cultural quarterly Réfléchir & Agir].

Entretien avec Tomislav Sunic

Homo americanus rejeton de l’ère post-moderne

R&A: Le grand dissident russe Alexandre Zinoviev, qui avait fui le communisme pour rejoindre le camp de la liberté dont les Etats-Unis étaient l’emblème, avait inventé le terme d’homo sovieticus. Vous parlez, vous, d’homo americanus. A priori, en quoi ces deux types d’hommes se ressemblent-ils ?

TS: C’est l’état d’esprit tout d’abord. Il y a de braves homini sovietici en France du coté de Paris qui sont connus sous le nom de Gauche caviar. C’est le Même et son Double qui changent de lieux en fonction des idées à la mode. Aujourd’hui c’est l’utopie libérale qui mène la dance. D’où le fait que les anciens soixante-huitards français, les ex-communistes yougos, ou bien les scribes postsoviétiques n’ont eu aucun problème à se recycler subitement en de bons apôtres de l’américanisme. Les idées de la parousie communiste sont beaucoup plus réalisables en mimant l’esprit de l’homo americanus. Les ressemblances ? Eh bien, c’est la croyance dans le progrès, l’esprit égalitaire, le faux sentimentalisme, soit sous sa forme biblique, soit sous sa forme eschatologique visant le meilleur des mondes. Bref, tous les deux sont dépourvus du sens du tragique. C’est le signifiant qui nous trompe. Le fond du signifié, pourtant est toujours – le Même.

R&A: Quels sont les piliers idéologiques de ces deux formes de régime ?

TS: Toujours les mêmes quant à l’idéologie du Même : l’égalitarisme, le mondialisme et l’économisme. Non, il ne s’agit pas de la trahison des clercs par la Gauche occidentale et par les anciens apparatchiks soviétiques. Il y a bien longtemps qu’ils s’étaient rendus compte que les grands récits égalitaires et progressistes seraient beaucoup mieux véhiculés par l’Amérique et sa classe politico-médiatique. Le discours sur la fin d l’histoire, la grande « partouze » multiethnique et multiraciale, autrement portée aux nues par les bolcheviks, est cette fois-ci devenue la réalité opérationnelle en Amérique. Il faut préciser que j’utilise les termes américanisme ou homo americanus comme synonymes de libéralisme et d’homo economicus. Ceci dit, il y a des homini americani plus acharnés en Europe qu’en Amérique

R&A: Ne trouvez-vous pas qu’il est un peu hardi de comparer la terreur d’état communiste et le totalitarisme américain ?

TS: Absolument. Je préfère boire du coca que d’imaginer porter le casque soviétique sur ma tête. Entre Guantanamo et le Goulag, chacun son choix ! Mais quelles sont les conséquences pour la survie de l’esprit libre dans l’américanisme à longue durée ?- voilà la question. L’américanisme a réussi à neutraliser la sphère politique d’une manière plus efficace. Même la notion de dissidence, voire l’idée d’une rébellion quelconque, n’a aucun sens dans l’américanosphère. Le mal physique infligé dans les taules communistes et la vie spartiate de l’univers communiste – peu nombreux sont ceux qui tout en se targuant d’antiaméricanisme seraient prêts à renoncer aux délices de l’American way of life ! Moi compris. Mais regardons les choses à l’inverse. Peu nombreux furent ceux, dans l’univers communiste, qui voulurent échanger leur comportement d’homo sovieticus contre celui d’homo americanus sans se rassurer au préalable grâce à l’image-miroir d’une Amérique riche et opulente. Ce fut la comparaison avec son homologue américain dans l’imaginaire de l’homo sovieticus qui conduisit l’Union soviétique à la débâcle. Imaginez un monde effrayant où l’on perd la notion de comparaison. L’Amérique, étant aujourd’hui le seul hégémon au monde, et n’ayant pour l’instant aucun double, y a bel et bien réussi.

R&A: La démocratie existe-t-elle en Amérique ?

TS: Le terme « démocratie » est la plus grande blague lexicale du dernier millénaire ! Quand quelqu’un s’écrie « vive la démocratie » !, je me demande à qui cela sert-il, cui bono, qui a intérêt à se parer de ce vocable ? Vous pensez à Tocqueville ou bien à Evola qui nous on décrit la démocratie en Amérique ? Ou bien à Kim Il Sung qui fut un démocrate à part entière comme son homologue Bush et d‘autres figures politiques plus récentes ? Nos ancêtres gaulois, islandais, et même les Illyriens ou proto-Slaves de ma région furent démocrates — chacun à sa façon. Peut–être le furent-ils même plus que nous-mêmes ? En effet, de quelle démocratie parle- t- on aujourd’hui? Plébiscitaire ? Totalitaire ? Représentative ? Ça me dépasse. L’Amérique est un pays qu’on pourrait qualifier de ploutocratie oligarchique au sommet, mais avec une base qui repose encore sur un fonds populaire et démocratique.

R&A: A mes yeux, il y a toutefois une énorme différence entre le communisme et l’américanisme: la liberté d’expression qui me parait totale en Amérique ?

TS: Cela va sans dire. L’Amérique avec ses grands espaces me manque. La Constitution américaine, bien loin de la fameuse loi Fabius -Gayssot, vous donne le droit de porter les armes et d’arborer sur votre poitrine n’importe quel signe distinctif, que ce soit la croix gammée, l’étoile rouge ou un médaillon de la Vierge Marie. Mais attention. Il faut distinguer entre le corpus législatif et les contre-pouvoirs médiatique et académique qui utilisent parfois des méthodes beaucoup plus répressives qu’en Europe pour faire taire les critiques. C’est la notion de ridicule dont les faiseurs d’opinion se servent pour faire taire les trouble-fête. On a beau être démonisé comme facho-monstre, comme c’est le cas en France, on vous accordera néanmoins une certaine dose de crédibilité. En Amérique, en revanche, une fois que vous et votre travail deviennent la cible du ridicule médiatique, vous n’existez plus. La plupart des mouvances racialistes et nationalistes en Amérique ne sont pas considérées comme sérieuses du fait même de leur mimétisme avec le Double paléo-fasciste de provenance hollywoodienne ; de ce fait, ils ne peuvent inspirer aucune crédibilité. On peut parler de grotesque infrapolitique. Le système américain a besoin de ces farfelus nazis hollywoodiens afin de montrer au monde que l’Amérique est le pays de la plus grande tolérance. C’est faux. Les usines à penser, les universités et les grands media fonctionnent d’une manière crypto-soviétique et utilisant le jeu du ridicule pour discréditer l’adversaire. A quoi bon posséder la protection de la loi quand l’esprit libre n’arrive jamais à rien dire au plus grand monde ? Tous les groupuscules dissidents sérieux, tous les partis politiques dès qu’ils acquièrent une certaine visibilité, sont immédiatement mis sous surveillance. De puissants lobbies tels le SPLC et l’ADL usent de leur poids auprès des universités et des maisons d’édition pour discréditer chaque idée non conformiste. Prenez le cas de Pat Buchanan ou du professeur Kevin Mac Donald qui furent mis au pas, ce sont deux bons exemples du procédé.

R&A: Existe-t-il des tabous au sein de la société américaine ?

TS: Il y a des tabous que les Américains ont eux- mêmes créés et qui sont typiques de l’autocensure paléo-puritaine. Mais il y a des tabous imposés par le système libéral, tels que la religion civique de l’Holocauste et le dogme de l’infaillibilité du système multiracial. Certes, par rapport à l’Europe, on peut parler ouvertement et d’une manière critique de n’importe quoi, mais en général, on ne peut s’exprimer que dans des groupes marginaux qui ont peu d’impact sur les idées dominantes.

R&A: Reconnaît-on l’existence des races aux Etats-Unis ou les nie-t-on comme en Europe ?

TS: A notre époque du politiquement correct, la notion de race ne peut avoir droit de cité. On trouve l’explication de cette éclipse dans les années d’après la Deuxième guerre mondiale, quand s’est instauré le nouvel ordre mondial. À titre privé, nous tous, de droite ou de gauche, et de n’importe quelle race, savons fort bien que les races existent bel et bien. Au niveau juridique, on fait semblant, en Europe et en Amérique, de considérer que les races sont uniquement une question exotique de peau différente et rien d’autre. Or dites- moi combien de Prix Nobel en sciences sont-ils décrochés chaque année par des Blancs et combien par des Nègres ? A l’heure actuelle et malgré l’idéologie du métissage qui règne en Occident, les Américains blancs ont une conscience raciale plus prononcée que les Européens blancs. C’est ce que mon collègue, le sociobiologiste Kevin Macdonald appelle « implicit whiteness ». N’oublions pas que les mythes fondateurs américains trouvèrent une base solide dans la pensée racialiste. Les penseurs des Lumières étaient à des années lumière de la pensée dominante supraracialiste qu’on prend aujourd’hui pour argent comptant.

R&A: Comment définiriez-vous l’américanisme ?

TS: Il y a eu un glissement sémantique avec ce vocable. En Europe, on utilise souvent ce terme et dans un sens nettement péjoratif. L’Américanisme signifie aujourd’hui un système-monde gouverné par le capital de façon métastatique. En ce qui concerne la fameuse Amérique profonde, notamment l’antebellum South qui persiste encore dans quelques contrées et que j’aime bien — c’est autre chose et cela n’a rien à voir avec l’américanisme d’aujourd’hui . Je renvoie vos lecteurs à Maurice Bardèche et à son beau livre Sparte et les Sudistes.

R&A: Quelles sont les origines du politiquement correct ?

TS: Les origines du politiquement correct sont à chercher dans les événements qui ont accompagné les purges d’intellectuels au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, en France et en Allemagne. J’ai rédigé un long article sur la genèse du langage politiquement correct dans la revue Catholica. En Amérique, le politiquement correct trouve ses origines dans le mélange de la pensée vétérotestamentaire et de la pensée marxiste.

R&A: Quelles sont les sources du fondamentalisme américain ?

TS: La Bible. Où que l’on tourne les yeux en Amérique, à droite et à gauche, on s’aperçoit de l’hypermoralisme du langage. Et cet hypermoralimse provient directement de la Bible. La Bible donne une parfaite bonne conscience, même dans ses modalités séculières, aux élites américaines, surtout lorsqu’ elles se lancent dans des guerres incessantes contre la notion de Mal. Autrefois, ce Mal absolu fut incarné par le Sud ; ensuite ce fut le tour des Allemands et ensuite vinrent les communistes. Aujourd’hui, le Mal absolu est incarné par les Islamistes. L’Amérique est par excellence un pays dont la théologie politique est centrée sur la Bible.

R&A: En quoi les Juifs peuvent apparaître comme des facteurs dissolvants de l’Amérique traditionnelle ?

TS: On peut poser la même question concernant l’Europe. Il y a une tonne de livres qui vous expliquent ce malaise et notamment les ouvrages académiques de Kevin Macdonald qui rencontrent un grand écho chez les racialistes blancs aux Etats-Unis. Toujours le Même qui veut être le Double, à savoir le Goy qui se veut plus juif que les Juifs eux-mêmes. Le problème ne réside pas dans les Juifs mais bien dans le mimétisme monothéiste qui par le biais de l’avatar chrétien se manifeste chez tous les Européens. Ce sont les Chrétiens sionistes en Amérique (ou ici l’Europe catholique traditionnelle) qui n’arrivent pas à se débarrasser de cette névrose philosémite et de son Double antisémite. De nouveaux chaos nous attendent.

R&A: Vous parlez de l’Ecole de Francfort. Pourriez-vous nous rappeler qui sont ses promoteurs et leurs idées fondamentales ? Diriez-vous comme votre préfacier Kevin MacDonald qu’ils ont mis au point un programme de guerre ethnique ?

TS: Afin de comprendre les idées qui gouvernent le monde, et tracer la pathogenèse du politiquement correct, if faut absolument étudier à fond la pensée de la fameuse Ecole de Francfort. C’est là que réside le problème fondamental de notre époque. L’Ecole de Francfort et ses émules, comme les philosophes marxisants Horkheimer, Adorno, Marcuse, ont complètement détruit par leurs écrits la notion de sacré chez les jeunes Européens et par-dessus tout imposé par le biais des victimologies surréelles un sentiment de culpabilité pathologique chez tous les peuples blancs.

R&A: Peut-on considérer que les oligarchies qui dirigent le monde ont fait des Etats-Unis un vaste laboratoire de leurs théories et idées comme préalable à la future société mondiale universalisée ?

TS: Les premières esquisses de ce monde universalisé nous furent déjà tracées par les théologiens chrétiens avec leur civitas dei. Donc rien de nouveau sous le soleil. Sauf que dans le monde des satellites et des ordinateurs, ce monde se rétrécit ; le sens de l’espace perd son sens. La bonne nouvelle, et j’espère que je ne me trompe pas, c’est que nous sommes déjà entrés dans l’implosion générale. Sauve qui peut !

R&A: L’Amérique n’est –elle pas en train de donner naissance au dernier homme dont parlait Nietzsche ?

TS: Tout à fait. Sauf que l’homo americanus n’est pas propre à la seule Amérique. C’est une figure transpolitique mondiale qui réside partout et surtout en Europe.

Tomislav (Tom) Sunic (TomSunic.info) est écrivain, traducteur, ancien professeur de sciences politiques aux États-Unis, et ancien diplomate croate. Il est le conseiller culturel de l’ American Third Party Position (American3P.org/leadership). Il a publié de nombreux articles en anglais, français, allemand et croate dans diverses publications. Il est auteur de Against Democracy and Equality: The European New Right (Arktos, 1990, 2002, 2011), préfacé par Alain de Benoist et Homo americanus: Child of the Postmodern Age (BookSurge, 2007), préfacé par Kevin MacDonald. Ses livres en français, récemment parus, sont La Croatie; un pays par défaut ? (éd. Avatar 2010) et Homo americanus ; rejeton de l’ère postmoderne (éd. Akribea, 2010).

Source: Réfléchir & Agir.

Tom Sunic’s Homo Americanus translated into French

November 25, 2010

Cover of 'Homo Americanus' in French

Tom Sunic’s classic book, Homo Americanus, has been translated into French. The following is a summary of the book in French:

Homo americanus 25.00EUR

Rejeton de l’ère postmoderne

Tomislav Sunic

« Ayant vécu sous le communisme et possédant une connaissance directe du fonctionnement de la terreur d’État, Tomislav Sunic se trouve dans une position unique pour décrire le glissement actuel de l’Amérique vers ce qu’il qualifie à juste titre de “totalitarisme mou”. Ce régime se maintient moins par la force brutale que par une campagne incessante, extrêmement sophistiquée et prodigieusement efficace qui vise à contenir l’activité politique et culturelle dans des limites très étroites. Les dissidents ne sont pas jetés en prison ou frappés à l’aide de matraques, mais sont tranquillement ignorés et marginalisés » (extrait de l’avant-propos de K. MacDonald).
Au sommaire : Américanisme et antiaméricanisme. — Homo sovieticus et Homo americanus. — Les origines du « «politiquement correct » et le rôle de l’Amérique dans son perfectionnement. — Les origines bibliques du fondamentalisme américain. — Nous croyons en Yahvé : une politique étrangère divine. — La post-Amérique et la postmodernité. — L’exit des Euro-Américains. — L’étrangeté de la démocratie américaine.

Source: Akribeia.fr.

Rivarol interviews Tom Sunic (in French)

November 3, 2010

Tom Sunic was recently interviewed in the French nationalist weekly magazine Rivarol. The article was entitled Serbes et Croates face à un danger biologique bien plus grave que leur récent conflit (“Serbs and Croats facing a biological danger much more serious than their recent conflict”).

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RIVAROL (Paris), Nr. 2972, le 29 Octobre 2010

Tomislav SUNIC : « Serbes et Croates face à un danger biologique bien plus grave que leur récent conflit »

RIVAROL : Tomislav Sunic, né en 1953 à Zagreb, vous avez de 1989 à 1993 professé dans différentes universités américaines où vous enseigniez la philosophie politique et la politique des pays communistes avant de rejoindre le ministère des Affaires Étrangères croate sous la présidence de Franjo Tudjman. Polyglotte, vous avez publié de nombreux articles textes (que l’on peut trouver sur les sites internet www.tomsunic.info; doctorsunic.netfirms.com) en croate, anglais, allemand et français, dans notre revue Ecrits de Paris notamment, et vous connaissez assez bien la scène politique française pour citer des auteurs bien connus de nos lecteurs tels Pierre Vial, Hervé Ryssen ou Robert Faurisson. Vous publiez aujourd’hui La Croatie : un pays par défaut ? (1), dont le seul titre doit être une provocation pour les nationalistes croates qui font volontiers remonter leur État au Xème siècle. Voulez-vous nous dire que ce que vous entendez par identité « par défaut » ou « par procuration » et nous dire aussi comment l’ouvrage a-t-il été reçu dans votre pays natal ?

T. Sunic : On a beau, une fois la première extase nationale terminée, faire l’éloge du décisionnisme en politique, il n’en reste pas moins que toute décision politique, a priori valable, sera fatalement modifiée par des circonstances ultérieures. Et peut-être n’aboutit-on pas au pays des merveilles mais à la désillusion ou même à la catastrophe nationale. La Croatie actuelle est un pays par défaut dans la mesure où avant 1990, très peu de Croates croyaient en la possibilité d’un Etat indépendant. D’ailleurs, du point de vue du droit international, l’indépendance n’était nullement envisageable, et ne paraissait pas possible. D’ailleurs, l’Occident fut pendant 45 ans opposé à toute forme de sécessionnisme croate et il rechignait à toute idée de dissolution de la Yougoslavie – pour des raisons géopolitiques qui remontent à Versailles et Potsdam. Même le père fondateur de la nouvelle Croatie, l’ex-président, ex-communiste, ex-titiste, ex-historien révisionniste devenu anticommuniste, Franjo Tudjman n’envisageait pas en1990 la création d’un pays indépendant. Ce furent la Serbie et l’armée yougoslave qui propulsèrent la Croatie sur la mappemonde. Compte tenu de l’éparpillement des Serbes dans les Balkans, de leur peur légitime face à la confédéralisation de la Yougoslavie et à la poussée démographique des Albanais du Kosovo, le nationalisme jacobin des Serbes n’a pas tardé à déclencher une envolée du nationalisme croate – ce qui a entraîné, par suite et par défaut, la naissance de la nouvelle Croatie. À ce sujet, il faut renvoyer vos lecteurs à l’important petit livre du philosophe Alain de Benoist, Nous et les Autres, où il dissèque la nature suicidaire des petits nationalismes européens. Quoique considérée comme une blague, il est une triste vérité qui circule encore à Zagreb : « On devrait ériger un monument à Milosevic parce qu’il a aidé à fonder la nouvelle Croatie. » Peut-on être un « bon » nationaliste croate sans être antiserbe ? Malheureusement, à l’heure actuelle, je crois que non.

Cartoon from the Rivarol article

R. : Point donnant justement matière à polémique : votre relative compréhension pour les « méchants Serbes » dont vous soulignez la parenté morphologique et linguistique (que récusent beaucoup de vos compatriotes) avec les Croates. Estimez-vous également ces “monstres”, les guillemets sont de vous, victimes des terribles turbulences de la Yougoslavie post-titiste, pire bain de sang qu’ait connu l’Europe depuis la Seconde Guerre mondiale ?

T.S. : Contrairement a ce qu’on nous dit, plus les peuples se ressemblent plus ils se jalousent et détestent. Quoique grand adepte de la sociobiologie, je pense qu’il y a encore du travail à faire en matière d’étiologie des guerres civiles. Nous avons assisté à une boucherie intra-blanche lors de la guerre civile européenne de 1914 à 1945. Certes le monothéisme judéo-chrétien, avec ses retombées séculaires, a été le moteur principal du carnage entre les peuples blancs. Mais en dehors de nos incompatibles mythes nationaux, il nous reste à déchiffrer pourquoi les guerres intra-européennes sont si meurtrières. Chez les Croates et les Serbes, la dispute à propos de leur différence frise le grotesque. Dans l’optique de ces deux peuples, chacun apparaît comme le travesti de l’Un par rapport à l’Autre. Les Serbes et les Croates n’ont certes pas besoin d’interprète pour se comprendre. De surcroît, on aurait du mal à distinguer un phénotype croate qui serait différent de celui des Serbes. Certes, il y a des Croates de grande culture qui vont vous faire des exégèses sur les haplo-types croates ou bien vous parler savamment de la différence entre les vocables croates et serbes. N’empêche que les Serbes et les Croates sont deux vieux peuples européens qui vont bientôt faire face à un danger biologique autrement plus grave que leur récent conflit.

Tito, Bien plus criminel que Mladic et Karadjic

R. : Dans votre livre, vous insistez sur l’ethnocentrisme des différentes composantes ex-yougoslaves qui se sont obnubilées sur les épreuves subies en occultant par exemple le martyre concomitant des « Volksdeutsche » du Banat ou de Voïvodine et vous insistez sur une double responsabilité : celle des communistes et celle des « dictatures thalassocratiques », monde anglo-saxon et Israël, qui ont également falsifié l’histoire pour leur profit personnel. Pouvez-vous préciser ?

T.S. Votre question renvoie à la farce judicaire actuelle du Tribunal Pénal International de La Haye, où les prétendus criminels de guerre serbes et croates sont jugés. Or les récents crimes de guerre ont des antécédents bien plus graves. Les accusés serbes Ratko Mladic et Radovan Karadzic ne sont que de petits disciples du grand criminel communiste Josip Broz Tito dont les crimes en 1945 ne furent jamais ni jugés ni condamnés. On ignore en France qu’un demi-million d’Allemands de souche subirent, de 1945 à 1950, une gigantesque épuration ethnique en Yougoslavie titiste. Karadzic, Mladic et j’en passe, ont tout bonnement appliqué les principes qui furent en vigueur chez les titistes et leurs Alliés occidentaux.

Une démonisation organisée

Je trouve particulièrement grossier que les agences de voyage croates et françaises, ou bien la télévision française, montrent de la Croatie de belles images sous-titrées « un petit pays pour de grandes vacances ». En réalité et bien que la Croatie soit certes un beau coin d’Europe, c’est un pays ou chaque pierre respire la mort ; la Croatie est le plus grand cimetière de toute l’Europe. Le massacre de plusieurs centaines de milliers de soldats et de civils croates – ce que l’on appelle « Bleiburg », [NDLR. Voir l’article de Christopher Dolbeau dans la livraison de mai 2010 d’Ecrits de Paris] d’après le nom d’un petit village d’Autriche du sud – a profondément traumatisé le peuple croate. Pire, le fonds génétique croate a été totalement épuisé – au point qu’on ne peut pas comprendre les événements de 1991 à nos jours, sans se pencher au préalable sur la toponymie des champs de la mort communistes. D’ailleurs, l’ancien chéri occidental, le très libéral Eduard Benes, n’a-t-il pas indiqué le bon chemin aux futurs épurateurs balkaniques en expulsant 3,2 millions d’Allemands des Sudètes en1945, en vertu de décrets qui sont toujours en vigueur en Tchéquie ? Ceux qui portent la responsabilité de la récente guerre des Balkans ne sont ni le peuple serbe ni le peuple croate mais leurs communistes respectifs, secondés par les milieux libéraux occidentaux et par une certaine Gauche divine. Tour à tour, ceux-là ont tous démonisé les Serbes et les Croates – tout en occultant leur propre passé génocidaire durant et après la Deuxième Guerre mondiale.

La cause immédiate de la guerre meurtrière entre les Serbes et les Croates est à chercher dans les livres et les propos de feu Tudjman juste avant l’éclatement de la Yougoslavie. Il avait, en effet, osé toucher aux récits communistes et à la victimologie serbe en faisant chuter le chiffre magique et officiel de Serbes tués pendant la Deuxième Guerre mondiale par les Oustachis croates de 600.000 à 60.000, voire 6.000 ! Ces propos révisionnistes ont par suite causé une panique chez les paysans serbes de Croatie avec les conséquences que l’on connait.

Le multiracialisme, facteur de haine interraciale

R. : Vous insistez également sur l’homogénéité raciale, exceptionnelle en Europe et à laquelle vous êtes très attaché, des anciens pays de l’Est et notamment de la Croatie. Pensez-vous que cette homogénéité soit menacée par la volonté d’adhésion de votre pays à tous les rouages de la « communauté internationale », dans la mesure où l’identité historique de la Croatie est fragile ?

T.S. Aujourd’hui, le terme de race est mal vu en Occident – sauf quand on parle d’émeutes raciales bien réelles, comme celles qui ont récemment eu lieu à Grenoble ou à Los Angeles. Certes j’utilise le terme race dans un sens évolien, en me référant à « la race d’esprit », tout en sachant parfaitement bien à quelle race appartenaient les femmes sculptées par Phidias ou celles que peignait Courbet. Grace à la poigne communiste, la Croatie, comme d’ailleurs tous les pays d’Europe de l’Est, est aujourd’hui plus européenne que la France ou l’Allemagne. Le multiracialisme, qui se cache derrière l’hypocrite euphémisme du « multiculturalisme », mène à la guerre civile et à la haine interraciale. Les Serbes et les Croates, toujours immergés dans leurs victimologies conflictuelles, ignorent toujours que l’Europe occidentale a franchi depuis belle lurette le cap du Camp de Saints et que nous, les Européens, nous sommes tous menacés par une mort raciale et culturelle.

L’UE, calque hyperréelle de l’URSS

R. : Pour l’ancien dissident soviétique Boukovski, l’Union Européenne est de nature aussi totalitaire que l’était la défunte URSS et aussi funeste par son acharnement à ligoter les peuples dans le même carcan administratif, économique et surtout idéologique afin de leur ôter toute spécificité et d’en faire un troupeau soumis. Partagez-vous cette analyse ?

T.S. L’Union Européenne, c’est le calque hyperréel de l’ancien réel soviétique – si je peux emprunter quelques mots à Jean Baudrillard. Tous ces jeux de mots exotiques tels que « multiculturalisme », « communautarisme », « diversité », qui ont abouti à une sanglante débâcle en ex-Yougoslavie sont à nouveau à la mode à Bruxelles. Charles Quint ou le Savoyard Prince Eugène avaient de l’Europe unie une vision plus réelle que tous les bureaucrates incultes de Bruxelles. En observant de près la laideur des visages de cette caste infra-européenne, ses tics langagiers, sa langue de bois exprimée en mauvais français ou en « broken English », je pense à l’ancien homo sovieticus et à son Double postmoderne.

R. : Est-ce pour cela que vous êtes si sévère pour l’Establishment politique croate actuel que vous décrivez comme un ramassis d’ex-apparatchiks communistes opportunistes et corrompus ?

T.S. Bien entendu. Ce sont, sans aucune exception, d’anciens apparatchiks yougo-communistes et leur progéniture qui se sont recyclés en en clin d’œil en braves apôtres de l’occidentalisme et du capitalisme. À l’époque titiste, ils faisaient le pèlerinage obligatoire de Belgrade en passant par Moscou et La Havane. Aujourd’hui, à l’instar des anciens soixante-huitards français, ils se rendent pieusement à Washington, à Bruxelles – et bien entendu à Tel Aviv, ne serait-ce que pour obtenir un certificat de « politiquement correct ».

R. : Pendant le match pour la troisième place de la Coupe du monde 1998, j’avais été surprise d’entendre des consommateurs serbes injurier les Croates (qui avaient finalement gagné), parce qu’ils… ne marquaient pas assez de buts contre les Pays-Bas ! Et en juillet dernier, la correspondante de Libération à Belgrade évoquait le resserrement des liens culturels et surtout économiques entre la Serbie, la Croatie et la Slovénie. Ce resserrement est-il avéré ? Et, si oui, traduit-il un certain désenchantement envers l’Oncle Sam et la Grande Sœur Europe dont les pays de l’Est attendaient tant ?

T.S. Au vu du recrutement des footballeurs français dans le djebel maghrébin ou dans le Sahel sénégalais, il ne faut pas s’étonner que les sportifs serbes et croates représentent mieux une vraie européanité. Qu’on le veuille ou non, force est de constater que c’est le sport aujourd’hui qui reste le seul domaine où on peut librement exprimer son identité raciale et sa conscience nationale. Quant à l’américanolâtrie et l’américanosphère, qui véhiculent un certain complexe d’infériorité chez tous les Européens de l’Est y compris les Croates – ce mimétisme va rester fort tant que la France et l’Allemagne ne se réveilleront pas pour constituer un bloc commun et faire bouger l’Europe.

R. : Quel avenir espérez-vous raisonnablement pour la Croatie et ses voisines ?

T.S. Le même que pour la France, la Serbie, l’Allemagne et n’importe quel autre peuple européen : rejet total du capitalisme, rejet total du multiculturalisme, et prise de conscience de nos racines culturelles et biologiques européennes !

(1) La Croatie : un pays par défaut ? 256 pages avec préface de Jure Vujic, 26,00€. Collection Heartland, éd. Avatar, BP 43, F-91151 Étampes cedex ou < www.avataredtions.com >.

Source: Rivorol.

The Sunic Journal en Français: Speech before Dextra

October 12, 2010

Dextra in Paris France

Tom gave a speech at a French Catholic traditionalist student union known as Dextra, in Paris, France, on Sep. 24, 2010.

11 MB / 32 kbps mono / 0 hour 48 min.

Contact Tom:
tom.sunic hotmail.com

The Sunic Journal en Français: Radio Courtoisie

October 5, 2010

Radio Courtoisie promo.jpg

Tom Sunic is interviewed on the French radio station Radio Courtoisie on Sat. Sep. 25. Tom discusses among other things his recent book, La Croatie : un pays par défaut ? (“Croatia: a country by default?”).

11 MB / 32 kbps mono / 0 hour 46 min.

Contact Tom:
tom.sunic hotmail.com

The Sunic Journal en Français: Méridien Zéro

September 28, 2010

Tom Sunic On Méridien Zéro

On Sep. 26, Tom Sunic appeared on Méridien Zéro, a French language Internet radio show.

[Show description in French: Méridien Zéro recevait dans son studio Tomislav SUNIC, homme au parcours éloquent (docteur en science politique, ancien professeur, ancien diplomate, écrivain, traducteur...) afin de revenir avec lui sur certaines périodes de sa vie ainsi que sur ses écrits, notamment sur son dernier livre : La Croatie : un pays par défaut ?. Le Lt. Sturm était à la barre de cette émission accompagné de PGL et de Georges FELTIN-TRACOL, auteur (entre autres) d'Orientations Rebelles.]

13 MB / 32 kbps mono / 0 hour 58 min.

Contact Tom:
tom.sunic hotmail.com

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